Nicolas Ruegg
Auteur, metteur en scène, comédien.
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L'instant de la métamorphose
Forme courte.
Créée à deux personnages

T-
Notre monde est une suite inaltérable d'événements évolutifs dégénérant jusqu'au chaos , donnant naissance au chapitre suivant.

Q-
Notre monde est un grand tambour tournant sur lui-même, mélangeant les idées uniques communes à chacun, les faisant fusionner dans un assourdissant bruit silencieux qui entraine sur sa vibration ondulaire les corps mécaniques des êtres humano-machinaux suivant le rythme incessant de la machine extra-humaine qui les lie à elle dans une lente agonie annonciatrice d'un renouveau naissant.
Apprentissage, réflexion, compréhension, adaptation, évolution, mécanisation, repos, détente, vacances, sécurité, sourire, fleur, chatoyant, calme, douceur, velours, papillon, chanson, joliment, innocent, printanier, épiscopal, plancton, toboggan, Archimède, glouton, gluant, chrysanthème.

T- 
Perte, guerre, trahison, indifférence, correction, trépanation, stress, peur, oubli, manipulation, exode, exil, désensibilisation, excitation, horaires.

Q-
Toutes les choses sont belles!

T-
Les mots ne sont que des boucliers cherchant à cacher l'insupportable vraie sensation de la chose réelle.
Édulcorés, adoucis, enrobés, organisation volontaire de l'ordre du langage pour donner à la chose le sens voulu. Perte totale de la connaissance du vrai.

Q-
Abus réflexifs et réflexes abusifs. Caméléon de la semblabilité, hypocondriaque de l'inconnu, nomade casanier, carnivore végétalien.
Complaisance constante des paradoxes, nageant avec bonheur dans la mer des tortures cérébrales.
Se nourrissant de questions, digérant des réponses, déféquant des solutions.
Sans cesse dans l'inactivité productive activant l'action.
Oppositions internes permanentes.
Perte totale de la notion de simplicité par excès.
Complexification de la compréhension,
Complexification de la transmission,
Complexification des données directes et indirectes,
Complexification de la vérité mensongère,
Complexification des véritables mensonges.
Complexification de la simplicité elle-même, par le questionnement sur elle-même des bénéficiaires, eux-mêmes jusqu'à l'inacceptation.
Inacceptation instinctive réflexive spontanée, acquise par habitude extra-naturelle.
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Tous droits réservés
L'homme absent.
Forme courte.
Nombre de personnages à choix.

A-
Le langage,
liberté de la parole ou chacun prend ce qu'il veut et comprend trop peu.
Saveur d'un mot, à peine digéré que voilà le suivant, résonnant et trébuchant contre les parois buccales de l'être de chair qui le dégurgite.
A mon oreille, une musique, qui, si elle s'excite, devient vacarme inaudible, dénué de sens qui n'apporte de joie qu'aux orifices bouchés.
Incompréhension de la machine humaine à se comprendre et à se dire, incapacité hormonale de pousser les choses jusqu'à leur totale matérialisation.
Matérialisation unique du son, dit par le mot, dit par la bouche de la machine à pensées qui dit.
Puis, silence.

B-
Le bouger,
Mouvement de houle qui nous conduit à une destinée incertaine dans un élan incompris par un corps inconnu.
Communication subtile d’un être à l’autre.
Usage inconscient de l’inconscient du subconscient de l’être, figure aléatoire d’un mouvement non coordonné, dicté uniquement par le centre de réflexion central de la machine à bouger qui se déplace sans but compris.
Découverte de la sensation du mouvement utile à la vie de la machine qui le subit.

C-
L’écoute,
Etonnante résonance caverneuse, osseuse qui donne à la vibration, couleur, saveur et odeur.
Outil indispensable de la compréhension humaine de lui-même face à lui-même. Trop souvent limité au seul son des mots directs et simplistes du confort de vivre standard, émis par la boîte à bruits émettrice de constantes pollutions sonores induites par un total lâcher prise de la capacité de réflexion.
Et oubliant trop systématiquement d’ouvrir son écoute à celle de son corps de chair catalysant les émotions.
Difficile acceptation du viol par les paroles d’un autre qui par cet acte s’intègre en nous. Paradoxe de l’émission, réception. Créatrice de mouvement. Dans le mouvement quasi imperceptible de la parole transmise à lui par le haut, et se répercutant jusqu’au bas.

D-
Le corps,
Par la vibration, entre dans le mouvement quasi imperceptible de la parole transmise à lui par le haut, et se répercutant jusqu’au bas par le biais des os qui s’entrechoquent au cœur de la machine et résonnent de leur bruyant silence.
Auto-transmetteur également de la pensée globale ou précise d’une chose d’un acte, ou d’une émotion, qui par fréquence, la touche directement dans sa chair, le faisant émettre un langage souvent incompris, mais capté.
Bourdonnement interne de vivre.

E-
L’homo, de naissance sapiens, sapiens,
Imbu du passif de l’homo postérieur,
Jugule de communiquer, de lui-même à rien.
Il transmet au vide une foule d’informations traitées inconsciemment par le catalyseur corporel le singularisant, captées de temps à autre par un autre réceptacle humanoïde de même type et quelquefois décantées par le catalyseur corporel le dirigeant lui-même.

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Des petits extraits en vrac tiré de mon propre répertoire, pour se mettre l'eau à la bouche....
-Twins
-L'un part l'autre reste.
-L'instant de la métamorphose
-L'homme absent.
-Mais quel temps est-il?

Tous les textes sont évidemment soumis aux lois sur les droits d'auteur et toutes copie en est interdite sans autorisation.
Twins
Tragi-comédie.
Deux rôles féminins.

Gisèle-

Qu’est-ce que c’est ?
Annie-
Hein ?
Gisèle-
Là, dans ta main, qu’est-ce que c’est ?
Annie-
Quoi ? Ha ! Ça ? C’est une lettre qu’un monsieur m’a donnée tout à l’heure, quand je disais au revoir.
Gisèle-
Quel monsieur ?
Annie-
Je ne sais pas, je ne le connaissais pas.
Un grand type avec les cheveux gris.
Gisèle-
Tu viens de décrire la moitié des hommes qui étaient présents.
Il ne t’a pas dit son nom ?
Annie-
Non, il m’a juste demandé si j’étais une des filles Cherdane, et il m’a donné cette enveloppe en me disant que ça nous concernait toutes les deux.
Gisèle-
Et quand comptais-tu m’en parler ?
Annie-
Je t’avoue que ça m’était complètement sorti de la tête.
Heureusement que tu m’en as parlé, sinon, dieu sait ce que j’aurais fini par en faire, je l’aurais sûrement posée n’importe où, sans m’en rendre compte !
Gisèle-
Bon et il y a un nom dessus, quelque chose ?
Annie-
Oui, le nôtre.

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Tous droits réservés
L'un part l'autre reste

Tragi-comédie
Deux personnages

Lui-

Ce que tu étais belle dans ton pull en laine à col roulé, tu devais mourir de froid ce jours là, je voulais te donner ma veste pour te réchauffer, mais comme tu ne t'es pas plainte...
Elle-
Ce qu'il faisait froid ce jour là...
Lui-
Je n'ai pas osé te la proposer de peur que tu refuses.
Elle-
J'espérais que tu m'offres ta veste spontanément! Mais même ça....
Résultat, clouée au lit une semaine avec l'autre qui jouait les infirmiers.
Lui-
Ho et à... ... je ne sais plus quel anniversaire, tu te souviens? J'ai voulu bien faire et j'ai apporté deux tranches de gâteaux, une pour toi et une pour moi, je t'ai laissée choisir, surtout que les tranches étaient inégales, tu n'as pas hésité une seconde, et tu as pris la plus petite.Ca m'a fait plaisir que tu me laisses la grande, mais si j'avais su que tu me le reprocherais une semaine, je t'aurais laissé t'empiffrer des deux tranches, de tout le gâteau même! Non encore mieux, je t'aurais commandé un gâteau encore plus gros rien que pour toi, et on aurait partagé celui-là avec les invités.
C'est la dernière fois que je t'ai apporté quelque chose à manger.
Elle-
Tu n'as jamais rien fait pour moi, en tous cas jamais vraiment.
Je me souviens qu'au troisième anniversaire de José, tu as voulu bien faire en m'apportant une tranche de gâteau, mais tu t'es gardé de me montrer les deux tranches que tu avais prises et tu as gardé la plus grosse pour toi! Encore ça, ça aurait pu passer, mais ta façon de la manger sous mon nez alors que moi j'avais fini ma miette depuis longtemps. Je n'oublierai jamais ce sourire que tu avais au coin des lèvres pendant que tu mangeais et me regardais. Porc!
Lui-
Je n'aurai jamais compris les femmes, même la mienne. Cette espèce de dualité qu'elles ont en elles, cette capacité à souffler le chaud ou le froid à tout moment...
Elle-
Je crois que les hommes me fatiguent. Le mien en tous cas m'a fatiguée.
Ce qu'ils sont compliqués à comprendre.
Ils ne sont jamais d'accord avec nous, mais ils ne peuvent pas se passer de nous.

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Tous droits réservés
Mais quel temps est-il?
Spectacle musical 
Compositeur: Jean-Pierr Hartman

La Marquise
-Monsieur le Duc je vous ignorais poète!
Voilà une découverte qui me sied.
Dites-moi encore de ces vers dont vous avez le secret, faites-moi encore vibrer au son de votre voix et au rythme d'Alexandre.

Le Duc
-Voyons, attendez que je réfléchisse un peu...

La Marquise
-Réfléchissez, mais ne le faites pas trop longtemps, je suis impatiente!

Le Duc
(Il lui tourne autour et observe sa robe.)

-Voici:

Il est bien malheureux, celui qui ne voit rien,
Il ne peut remarquer les couleurs de l'écrin,
Qui renvoie les reflets du soleil, la nuit,
Et habille si bien la belle que voici.

(La Marquise se frotte les mains.)



Il est bien malheureux celui qui n'entend rien,
Car le son mélodieux s'échappant de vos mains,
Qui se frottent gentiment leurs paumes si douces,
Rappelle le vent dansant dans l'herbe qui pousse.

(Il hume son parfum.)

Il est bien malheureux celui qui ne sent rien,
Jamais il ne saura goûter votre parfum,
Il a pourtant l'odeur de votre âme fragile,
Bien que tous ses arômes ne soient si subtiles.

La Marquise
-Il suffit, cessez ou je ne réponds plus de moi, et il est impensable pour une jeune fille de bonne famille de se laisser aller à quelques folies avant que Dieu, dans sa miséricorde, ne le lui ait permis par son union sacrée.

Le Duc
-Comme il vous plaira, mais sachez que je pourrais continuer ainsi jusqu'à ce que ma bouche ne puisse plus prononcer un seul mot.

La Marquise
-Arrêtez, ou je vous prends aux mots!

.......            

Le narrateur
(Fermant subitement son livre.)

-De la poésie, voilà ce qu'il faut pour les séduire, de la poésie!
Mais je ne suis pas poète, comment m'y prendre? Jamais je ne saurai lui improviser des vers!
Je sais, je vais en écrire une série à l'avance, sur un peu tous les sujets, ensuite je les apprends par cœur, et l'occasion venue je ne serai pas à court d'inspiration!
Elle me trouvera génial, et nous serons heureux!
Alors un papier et un crayon, voyons...

(Il cherche ses mots)
Tes yeux me regardent et je vois au dedans....
Le reflet.... de la mer et de l'océan.

-Ha oui, c'est bien ça!

Et tes lèvres... si chaudes
Me.... me.. transforment! en émeraude.

Car je t'aime mon amour,
Et ce depuis le premier jour.


Voilà, plus qu'à en faire quelques autres..
C'est pas si difficile la poésie, il suffit que ça parle d'amour et que ça rime!

Le soir quand... je me couche,
Et que je sens l'odeur... de ma bouche,
Je me dis heureusement!
Qu'il existe les brosses à dents!

(Il rit)

Car ma belle n'aimerait pas,
Que je sente comme... un rat,
Quand je viens pour l'embrasser,
Et la couvrir de mes baisers.

.....

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